Intensification des catastrophes : sensibiliser à la culture du risque dès le plus jeune âge - Pirac

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Former dès le plus jeune âge pour mieux protéger demain

Tempêtes, cyclones, inondations, séismes… Face à la multiplication et à l’intensification des phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes, la PIRAC a choisi de développer une véritable culture du risque, en particulier dans les territoires les plus exposés. Ainsi, depuis plusieurs mois, nous accompagnons les Croix-Rouge de la République dominicaine et de la Dominique dans la mise en place d’une nouvelle initiative : renforcer les bons réflexes des jeunes élèves dans les écoles primaires.

Aujourd’hui, les enjeux de préparation et de prévention n’ont jamais été aussi importants. Baptisée « RED de escuelas resilientes »*, l’initiative conduite par la Croix-Rouge dominicaine permet de rendre les élèves acteurs de leur propre sécurité, en les sensibilisant aux risques de catastrophes.

Daniel Mateo Guzmán, directeur du Département national Jeunesse de la Croix-Rouge dominicaine, nous explique pourquoi il est essentiel de former aujourd’hui pour mieux protéger demain.

 

Pourquoi est-il essentiel de sensibiliser les enfants aux risques dès le plus jeune âge ?

En République dominicaine, nous sommes régulièrement confrontés à des risques naturels comme les ouragans, les tempêtes, les inondations, les séismes ou encore les sécheresses. Les écoles les plus vulnérables manquent souvent de plans d’urgence et d’infrastructures adaptées, ce qui fragilise toute la communauté face à ce type de catastrophe.

Pour nous, il est essentiel de sensibiliser les enfants afin qu’ils ne soient pas de potentielles victimes passives, mais des acteurs du changement. En apprenant à connaître les risques naturels, ils acquièrent des réflexes de protection, savent comment réagir et peuvent même contribuer à sauver des vies.

Les enfants ont aussi un véritable effet multiplicateur : ils transmettent naturellement ces connaissances à leur famille et à leur entourage. Former les jeunes générations à la prévention, c’est construire une société plus résiliente et mieux préparée pour l’avenir.

 

Comment cette initiative se déploie-t-elle dans les écoles ?

Ce projet pilote est conçu pour renforcer la prévention de 20 établissements scolaires prioritaires dans la province de San Cristóbal. Il cible environ 300 élèves âgés de 8 à 12 ans.
L’objectif est d’agir à plusieurs niveaux : créer des outils éducatifs ludiques, former les enseignants et donner aux élèves les moyens d’agir face aux risques, avec une approche basée sur l’inclusion, le genre et la durabilité.

Le projet a commencé par un diagnostic initial sur les connaissances des risques naturels et des bonnes pratiques dans les établissements scolaires et la mise en place de comités de pilotage et technique avec le ministère de l’Éducation. 

 

Vous avez aussi créé une mascotte pour accompagner cette initiative. Quel est son rôle ?

Cette mascotte, appelée “Tori la tortue”, a été imaginée spécialement pour les enfants. Inspirée de la tortue imbriquée, une espèce emblématique des Caraïbes aujourd’hui menacée d’extinction, elle permet d’aborder les messages de prévention de manière ludique.

Quel rôle jouent les enseignants ? Pourquoi leur formation est-elle essentielle ?

Les enseignants jouent un rôle fondamental dans la réussite et la pérennité de cette initiative. S’ils ne sont pas formés, les outils pédagogiques risquent de ne pas être utilisés de manière efficace.

La formation leur permet d’acquérir des méthodes concrètes pour intégrer la gestion des risques dans leurs cours quotidiens. Les enseignants sont également les premiers repères des élèves en situation de crise. Leur capacité à rassurer les enfants et réagir rapidement peut faire toute la différence.

 

Avant cette initiative, comment la question des risques était-elle abordée dans les écoles ?

Elle était souvent abordée de manière ponctuelle et réactive, principalement après une catastrophe ou à travers des exercices annuels de simulation.
Même si certains sujets liés aux phénomènes naturels existaient déjà dans les programmes scolaires, il manquait des outils pédagogiques concrets et adaptés pour permettre aux enseignants d’aborder ces thématiques de manière dynamique en classe.

 

Quel changement espérez-vous apporter à long terme ?

Aujourd’hui, nous voulons inscrire cette culture de prévention dans la durée. À long terme, nous espérons former des générations d’enfants plus responsables, plus autonomes et capables de jouer un rôle actif dans leur communauté.
Notre objectif est également que cette méthodologie puisse être reprise plus largement par le ministère de l’Éducation afin d’être déployée à l’échelle nationale.

 

Comment travaillez-vous avec la PIRAC ?

La Croix-Rouge dominicaine agit comme co-responsable technique et opérationnel, en apportant son ancrage territorial grâce à son réseau de volontaires locaux. Notre collaboration avec la PIRAC est très étroite. Elle nous apporte une expertise technique en prévention des risques dans les écoles, un accompagnement méthodologique ainsi qu’un soutien financier essentiel à la mise en œuvre des activités.

Ce partenariat nous permet également de bénéficier d’expériences et de bonnes pratiques développées dans d’autres contextes régionaux. Au-delà du projet lui-même, l’objectif est donc de permettre à la Croix-Rouge dominicaine de disposer de méthodologies et d’outils qu’elle pourra réutiliser et adapter de manière autonome.

 

Qu’est-ce qui vous donne le plus d’espoir dans cette initiative ?

C’est très inspirant de voir la théorie se transformer en solidarité et en mobilisation collective. Avec cette initiative, nous ne distribuons pas seulement du matériel dans les écoles : nous semons une véritable culture de résilience qui contribuera à construire un avenir plus sûr pour la République dominicaine.

Daniel Mateo Guzmán,
Directeur du Département national Jeunesse
de la Croix-Rouge dominicaine.

Cette initiative est rendue possible grâce au projet 3 Océans financé par l’AFD – Agence Française de Développement et le projet Ready 360 financé par Interreg Caraïbes.
Le projet 3 Océans renforce la résilience des territoires des 3 bassins océaniques face aux catastrophes et aux crises sanitaires, en intégrant les défis du changement climatique et des inégalités de genre à chaque étape dans toutes ses actions.

Frente a los desastres, formar desde temprana edad para proteger mejor el mañana

Tormentas, huracanes, inundaciones, terremotos… Ante la creciente frecuencia e intensidad de los fenómenos meteorológicos y climáticos extremos, hemos decidido promover una verdadera cultura del riesgo, especialmente en los territorios más expuestos. Por ello, desde hace varios meses, la PIRAC acompaña a la Cruz Roja de la República Dominicana y de Dominica en la implementación de una nueva iniciativa destinada a fortalecer los reflejos adecuados  entre los alumnos de las escuelas primarias.

Hoy más que nunca, la preparación y la prevención son fundamentales. Bautizada «RED de Escuelas Resilientes»*, la iniciativa liderada por la Cruz Roja Dominicana permite que los estudiantes se conviertan en actores de su propia seguridad, sensibilizándolos sobre los riesgos de catástrofes

.Daniel Mateo Guzmán, director del Departamento Nacional de Juventud de la Cruz Roja Dominicana, nos explica por qué es fundamental formar hoy para proteger mejor el mañana.

¿Por qué es esencial sensibilizar a los niños sobre los riesgos desde una edad temprana?

En la República Dominicana, nos enfrentamos regularmente a riesgos naturales como huracanes, tormentas, inundaciones, terremotos o sequías. Las escuelas más vulnerables suelen carecer de planes de emergencia e infraestructura adaptada, lo que incrementa la fragilidad de toda la comunidad ante un evento adverso.

Es crucial porque los niños no son víctimas pasivas, sino agentes activos de cambio. Al aprender sobre riesgos naturales, adquieren herramientas de autoprotección, reducen el pánico y saben cómo actuar seguros para salvar vidas. Además, tienen un enorme efecto multiplicador: llevan el conocimiento lúdico a sus hogares, educando de forma natural a sus familias y vecinos.

Finalmente, educar a la niñez bajo una cultura de prevención es la garantía para construir una sociedad mucho más resiliente, consciente y preparada en el futuro.

¿Cómo se implementa la iniciativa en las escuelas?

Este proyecto piloto ha sido diseñado para fortalecer la prevención en 20 centros educativos prioritarios de la provincia de San Cristóbal. Está dirigido a aproximadamente 300 estudiantes de entre 8 y 12 años. 

El objetivo es actuar en varios niveles: crear herramientas educativas lúdicas, capacitar a los docentes y brindar a los estudiantes los medios para actuar frente a los riesgos, mediante un enfoque basado en la inclusión, la perspectiva de género y la sostenibilidad. 

El proyecto comenzó con un diagnóstico inicial sobre los conocimientos de los riesgos naturales y las buenas prácticas en los centros escolares, así como con la creación de comités de pilotaje y técnicos junto con el Ministerio de Educación. 

También han creado una mascota para acompañar la iniciativa. ¿Cuál es su papel?

Esta mascota, llamada “Tori”, fue creada especialmente para los niños y niñas. Inspirada en la tortuga carey, una especie emblemática del Caribe actualmente amenazada de extinción, permite transmitir mensajes de prevención de manera lúdica y accesible. 

¿Por qué es esencial la formación de los docentes?

Los docentes garantizan la sostenibilidad del proyecto; si ellos no están formados, los recursos se quedan sin usar. Capacitarlos les da herramientas metodológicas específicas para integrar la gestión de riesgos en sus clases cotidianas. Además, el docente es la primera línea de respuesta y cuidado dentro del aula. Su capacidad para tranquilizar a los niños y reaccionar rápidamente puede marcar la diferencia.

Antes de la iniciativa, ¿cómo se abordaba la cuestión de los riesgos en las escuelas?

La cuestión de los riesgos se abordaba de forma puntual y reactiva, principalmente después de un desastre o a través de simulacros anuales.

En el currículo formal existía teoría sobre fenómenos naturales, pero hacían falta materiales pedagógicos prácticos y lúdicos para que los docentes pudieran presentarlos en el aula de forma dinámica.

¿Qué cambio esperan lograr a largo plazo?

Hoy queremos forjar generaciones de niños empoderados que lideren con un alto sentido de responsabilidad social.

Nuestro objetivo es también que esta metodología pueda ser adoptada más ampliamente por el Ministerio de Educación para su implementación a nivel nacional.

¿Cómo trabajan con la PIRAC?

La Cruz Roja Dominicana actúa como colíder técnico y operativo, aportando su capilaridad en territorio mediante nuestras filiales de voluntarios. Nuestra colaboración con la PIRAC es muy estrecha e histórica. Nos aporta experiencia técnica en prevención del riesgo en escuelas, acompañamiento metodológico y un apoyo financiero esencial para la implementación de las actividades.

Esta alianza nos permite también beneficiarnos de experiencias y buenas prácticas desarrolladas en otros contextos regionales. Más allá del proyecto en sí, el objetivo es que la Cruz Roja Dominicana disponga de metodologías y herramientas que pueda reutilizar y adaptar de manera autónoma.

¿Qué es lo que más le entusiasma de esta iniciativa?

Es muy inspirador ver cómo la teoría se transforma en solidaridad y movilización colectiva. Con este proyecto, no solo estamos distribuyendo material en las escuelas: estamos sembrando una verdadera cultura de resiliencia que contribuirá a construir un futuro más seguro para la República Dominicana.

Daniel Mateo Guzmán, 
Director del Departamento Nacional de Juventud
de la Cruz Roja Dominicana

Esta iniciativa es posible gracias al proyecto 3 Oceanos, financiado por AFD (Agencia Francesa de Desarrollo), y al proyecto Ready 360, financiado por Interreg Caribe.

El proyecto 3 Océanos refuerza la resiliencia de los territorios de las tres cuencas oceánicas frente a las catástrofes y las crisis sanitarias, integrando los retos del cambio climático y las desigualdades de género en cada etapa y en todas sus acciones.

 

Crédit photo : Croix-Rouge Dominicaine

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