La Caraïbe figure parmi les régions les plus exposées aux catastrophes dans le monde. Les ouragans, inondations et séismes y ont des impacts récurrents et parfois dévastateurs sur les populations et les infrastructures essentielles.
Cette vulnérabilité est amplifiée par plusieurs facteurs : caractère insulaire, densité urbaine croissante, fragilités socio-économiques et pression environnementale. À cela s’ajoute le changement climatique, qui tend à accroître l’intensité et la fréquence des phénomènes extrêmes, renforçant la nécessité d’une adaptation continue des territoires et des institutions.
Dans ce contexte, l’accès à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène également appelé WASH (acronyme anglais désignant Water, Sanitation, Hygiene), constitue un enjeu prioritaire dès la première phase d’une crise.
Une formation régionale pour renforcer la réponse des Croix-Rouge
Du 18 au 22 mai 2026, la PIRAC a réuni en Guadeloupe des représentants de plusieurs Croix-Rouge de la région Caraïbe : Sainte-Lucie, Dominique, Grenade, Saint-Kitts-et-Nevis, Antigua-et-Barbuda, Trinidad-et-Tobago, la Jamaïque, la Barbade mais aussi la délégation de Saint-Barthélémy.
Les profils des participants étaient variés, mais un objectif commun se dégageait : renforcer la capacité à répondre aux besoins WASH sur leurs territoires.
Car au-delà des contextes nationaux, les besoins se rejoignent : savoir intervenir vite, efficacement, et en sécurité pour les populations touchées.
Des objectifs centrés sur la pratique et l’autonomie
La formation vise à permettre aux participants de :
- Comprendre les différentes interventions WASH en situation d’urgence,
- Intégrer les enjeux environnementaux et de protection dans la réponse,
- Identifier les conditions d’installation et d’utilisation d’unités de traitement de l’eau,
- Analyser les interventions en fonction des contextes locaux et des capacités de chacun,
- Construire un plan d’action pour renforcer la capacité de préparation et réponse WASH au niveau de leur Croix-Rouge.
Pour la PIRAC, cette dynamique permet également de valoriser les capacités existantes dans la région, d’identifier des synergies entre programmes et de renforcer la coopération entre acteurs.
Apprendre en faisant : une formation ancrée dans le réel
Le programme a été construit autour d’un principe simple : rendre l’apprentissage concret.
Comprendre les interventions WASH en urgence, intégrer les enjeux environnementaux et de protection, analyser les contextes opérationnels… mais surtout : pratiquer.
Le point d’orgue de la formation a été un exercice grandeur nature. Une unité de traitement de l’eau a été déployée, permettant aux participants de produire de l’eau potable dans des conditions proches d’une intervention réelle. Une étape souvent décisive dans la compréhension du rôle qu’ils auront à jouer sur le terrain.
Françoise RASSE volontaire à la Croix-Rouge de Saint-Barthélemy revient sur cette expérience :
« Nous venons tous de territoires différents. Il est très intéressant de remarquer que l’eau et l’hygiène sont des points qui nous rassemblent. Chacun avec son expérience et ses défis liés à son territoire. Ce qui m’a le plus marqué, c’est la facilité d’utilisation et la mise en place de la station de potabilisation d’eau. C’est facilement transportable et utilisable si on pratique régulièrement. »
Une dynamique régionale de partage et de résilience
Cette formation s’inscrit également dans une dynamique plus large de coopération régionale, en lien avec la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) et le WASH Hub Amériques centrale.
Les objectifs sont de mutualiser les ressources, renforcer les capacités et construire une réponse plus coordonnée face aux crises.
Dans une région régulièrement frappée par des événements extrêmes, cette coopération n’est pas un choix stratégique. C’est une nécessité opérationnelle.
Capitalisation et apprentissage continu
Au-delà de la formation, un dispositif de suivi et de capitalisation est prévu afin de garantir la pérennité des apprentissages.
Des évaluations individuelles et collectives, un retour d’expérience structuré ainsi qu’un suivi post-formation permettront de constituer une véritable communauté d’apprentissage entre les participants.
L’objectif est de favoriser l’autonomie des territoires et de soutenir la mise en œuvre concrète des compétences acquises sur le terrain.
Une expérience marquante pour les participants
Les retours des participants illustrent l’impact de cette approche immersive.
Le Président de la Croix-Rouge d’Antigua-et-Barbuda, Dr Humphrey, souligne :
« Le plus important pour moi a été l’expérience pratique : voir comment produire de l’eau potable pour les personnes qui n’y ont pas accès en cas de catastrophe. C’est un rôle essentiel que nous jouons. »
De son côté, Tyrone Peters, autre volontaire de la Croix-Rouge d’Antigua-et-Barbuda met en avant l’utilité directe des apprentissages :
« Nous allons utiliser les connaissances acquises dans notre pays si nécessaire. Nous avons désormais les compétences pour fournir de l’eau potable en cas de catastrophe, notamment avec la saison cyclonique à venir. »
Renforcer les capacités pour mieux anticiper les crises
À travers cette initiative, la PIRAC réaffirme son engagement : renforcer durablement les capacités des acteurs locaux afin de mieux anticiper, préparer et répondre aux crises.
Dans un contexte de risques croissants, la résilience des territoires passe avant tout par la montée en compétence collective et le partage des savoirs.
Cette initiative a été rendue possible grâce au projet Ready 360 financé par Interreg Caraïbes, le projet 3 Océans financé par l’Agence Française de Développement (AFD) et la Fondation CMA-CGM.
