Ouragan Melissa en Jamaïque : après la tempête, la crise de l’eau - Pirac

Quand l’ouragan Melissa a frappé la Jamaïque le 28 octobre 2025, avec des vents de près de 300 km/h, il n’a pas seulement arraché des toits et inondé des quartiers entiers. Il a aussi privé des milliers de familles de quelque chose d’essentiel : l’eau potable. Sur l’île, les réseaux d’eau, déjà fragiles avant la tempête, sont devenus encore plus instables, poussant de nombreuses familles à dépendre de sources improvisées, parfois dangereuses pour la santé.

C’est pour répondre à cette urgence qu’aux côtés de la Croix-Rouge de Jamaïque, nous avons mis en place une réponse d’accès à l’eau potable au cœur des zones les plus touchées en partenariat avec la Fondation Véolia.


Un point d’eau au cœur de la tempête

À Cambridge, dans la paroisse de St James, au sein d’une communauté durement touchée, une Unité de Traitement de l’Eau a été installée à partir du 20 novembre 2025. L’eau est pompée dans une rivière voisine, puis filtrée et désinfectée afin de devenir potable, avant d’être stockée et distribuée aux habitants. Chaque jour, des familles viennent s’approvisionner avec des bidons, des bouteilles ou de grands réservoirs en plastique, parfois pour elles-mêmes, parfois pour des voisins âgés ou sans moyen de transports.

Très rapidement, une solidarité locale s’est organisée autour de ce point d’eau.
« Les habitants qui possédaient des pick-up ou des fourgons venaient remplir les bidons pour l’ensemble des voisins », explique Maria-Bonita Amorin Da Silva, Coordinatrice préparation et réponse aux urgences de la PIRAC. « La première semaine, les habitants avaient surtout besoin de parler, de raconter ce qu’ils avaient vécu. Ce point de distribution d’eau n’était pas qu’une solution technique, mais aussi un espace d’échange. ».

 

L’eau une ressource vitale

Interrogées par nos équipes, deux personnes sur trois fréquentant ce point d’eau ont indiqué qu’il s’agissait de leur seule source d’eau potable. Sans cette installation, et faute de moyens pour acheter de l’eau conditionnée, l’alternative aurait été l’eau de la rivière, souvent à l’origine de diarrhées et d’autres maladies hydriques.

Dès le 20 novembre, le dispositif permettait de produire plus de 47 300 litres d’eau potable par semaine, soit l’équivalent des besoins quotidiens de plus de 2 700 personnes en eau de boisson selon les standards humanitaires internationaux.

« Lors de telles catastrophes, certaines infrastructures clés peuvent subir d’importants dégâts », explique Maria-Bonita. C’est pourquoi, en parallèle du point de distribution d’eau, les équipes ont également réhabilité le réseau d’eau du centre de santé de Cambridge en parallèle de la rénovation du toit par le ministère de la Santé et du Bien-être permettant d’apporter de l’eau propre au personnel soignant.

 

Une réponse qui prépare l’avenir

Au fil des semaines, l’exploitation quotidienne de l’unité de traitement de l’eau a reposé sur l’implication croissante de plusieurs acteurs locaux. Parmi les personnes qui s’y sont particulièrement investies figure Chattour, chauffeur local mobilisé dès les premiers jours pour appuyer les déplacements des équipes Croix-Rouge. Ancien plombier, il s’est très vite intéressé aux aspects techniques de l’unité : raccordements, maintenance, gestion des flux et résolution des pannes mineures.

Accompagné par la PIRAC et la Fondation Veolia, Chattour a bénéficié d’une formation spécifique à l’installation et à l’exploitation d’une unité simultanément à d’autres volontaires de la Croix-Rouge de la Jamaïque et de Véolia Jamaïque. Son engagement a contribué à renforcer la continuité du service et à faciliter la transmission des compétences aux équipes locales.

« L’eau est ce dont tout le monde a besoin, tous les jours. Comprendre comment cette unité fonctionne, c’était une manière d’aider concrètement ma communauté à se relever », explique-t-il.

Dans le cadre de la transition et de la fin progressive de la phase d’urgence, deux unités de traitement de l’eau demeurent en Jamaïque à la disposition de la Croix-Rouge de Jamaïque, afin de renforcer durablement ses capacités de réponse aux futures crises.

Chattour est aujourd’hui volontaire au sein de la Croix-Rouge de Jamaïque et constitue un point focal local pour l’utilisation et la remise en service de ces unités en cas de besoin.


Clôture de l’opération d’urgence

Le 16 janvier 2025 marque la fin de notre opération d’urgence en Jamaïque. Au total 365 000 litres d’eau potable ont été produits.

En complément de la réponse eau, l’opération a également permis l’envoi de 500 kits d’urgence, contenant des articles de première nécessité – produits d’hygiène, matériel d’abri, outils de nettoyage et ustensiles de cuisine – afin de répondre aux besoins immédiats des foyers sinistrées dans les zones les plus touchées. Pour en savoir plus, lire aussi : Ouragan Melissa : nos équipes portent secours aux victimes en Jamaïque.

Cette opération, financée par le Centre de crise et de soutien (CDCS) du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et la Croix-Rouge française, a été menée en partenariat avec la Croix-Rouge de la Jamaïque, l’IFRC, la Fondation Veolia, les Forces armées aux Antilles et l’Ambassade de France en Jamaïque.

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