Croix-Rouge Française - Plateforme d'Intervention Régionale Amériques Caraïbes

Plateforme d'Intervention Régionale Amériques Caraïbes Samedi 21 Octobre 2017

Prepa-réponse

Renforcement des capacités de réponse de la PIRAC

07/10/2011

C’est toujours dans le cadre du projet « Renforcement des capacités de réponses aux catastrophes naturelles des territoires de la Caraïbe », financé par INTERREG, que la PIRAC s’est dotée très récemment de matériel de production d’eau potable et d’assainissement , accompagné de supports de formation aux bonnes pratique d’hygiène en situation d’urgence.

En effet, la question de l’eau, de l’hygiène, et de l’assainissement représente un enjeu majeur lors des crises auxquelles nous sommes potentiellement exposés dans la Caraïbe.
Les catastrophes naturelles telles que les cyclones, les tremblements de terre, les glissements de terrain, les éruptions volcaniques ou les tsunamis ont toujours de lourdes conséquences sur l’approvisionnement en eau des populations et sur les conditions sanitaires dans lesquelles elles sont amenées à vivre par la suite.
Il en découle un risque fort en termes de santé publique pour les communautés, car les maladies dites « hydriques », liées à l’absence d’eau potable, sont sources d’épidémies graves, comme le choléra, qui en est surement une des matérialisations les plus fatales.

C’est pourquoi, la PIRAC s’est dotée de 3 unités de production d’eau potable A-aqua, permettant de distribuer de l’eau propre à plus de 6500 personnes par jour, par unité. Si les 3 unités fonctionnent simultanément ce sont donc plus de 20 000 personnes que l’on peut servir en eau potable par jour.

Il s’agit d’un matériel facilement déployable dans l’hypothèse d’une catastrophe majeure pouvant survenir sur n’importe lequel des territoires de l’Arc antillais. Ce matériel peut être mis à disposition à la demande express d’une société nationale Croix Rouge en sa qualité d’auxiliaire des pouvoirs publics.
Il peut aussi servir sur le territoire d’un département français d’Amérique sous réserve de l’homologation du matériel au regard des normes sanitaires françaises. Les inondations occasionnées par un débordement du fleuve Maroni en 2008 en Guyane, avaient été l’occasion d’illustrer cette opportunité.

L’acquisition de 3 petites unités de production légères et mobiles, plutôt qu’une imposante station de traitement, a été réfléchie en tenant compte de contraintes inhérentes à la zone Caraïbe, contraintes d’ordre logistiques et géographiques. L’insularité nous amène à opter pour un matériel facilement transportable par la mer ou les airs, il nous faut donc un matériel peu encombrant et léger. La topographie des îles de la Caraïbe implique souvent une dispersion des communautés de part et d’autre de petits massifs montagneux.

Le matériel a donc été choisi dans le but de permettre l’approvisionnement en eau de petites communautés éparses, par l’installation de points d’eau distincts sur une zone sinistrée potentiellement étendue.
Nous avons également acquis du matériel d’assainissement, tel que des dalles de cuvettes en PVC, permettant l’installation rapide de latrines pour 2000 personnes en situation d’urgence, ainsi qu’un stock de pastilles de chloration permettant des distributions communautaires (après qu’un diagnostic de la qualité de l’eau par un technicien ait permis d’établir que ce procédé est le plus approprié).
Des seaux, des jerrycans, des douches portables ainsi que du savon sont également inclus dans les kits d’assainissement reçus.
Le matériel de production d’eau pré-positionné dans les entrepôts jusque là, permettait de servir jusqu’à 40 000 personnes par jour. Ce matériel a été déployé en Haïti en novembre 2009 car nous nous devions d’adapter notre équipement aux besoins des Petites Antilles. C’est ainsi que l’unité « M40», a permis de répondre aux besoins en eau de 40 000 personnes par jour, après le séisme du 12 janvier 2010 en Haïti.

En novembre 2010, ce sont deux unités de production d’eau permettant de servir au minimum 10 000 personnes par jour qui ont également été déployées sur l’île de Ste Lucie dans le but de pallier la défaillance du barrage John après le passage de l’Ouragan TOMAS.

Arrivées hier en Guadeloupe, les unités de production et le reste du matériel seront dispatchés entre les trois entrepôts de la PIRAC , stratégiquement répartis sur les 3 territoires français d’Amérique : en Guadeloupe, en Martinique et en Guyane.
Elles complètent ainsi le stock de biens non périssables déjà pré-positionnés qui permet, lui, de répondre aux besoins de 2500 familles sinistrées, soit 12 500 personnes.